Vers une église fonctionnelle

ATTEINDRE ET ACCOMPAGNER LES JEUNES AU SALUT

[btnsx id="890"]

Auteur : Paul STETSON


MESSAGE CEBI 2019

Le leadership de l’église et son bon fonctionnement

Depuis plus de trente-cinq ans en France, et avant cela, grâce à ma situation comme missionnaire, j’ai pu suivre l’histoire de plusieurs églises. Dans mon pays d’origine tout comme en France, certaines églises ont toujours progressé, d’autres non, et des dizaines ne sont plus. Quel était le facteur déterminant ? Le président de mon école biblique était pasteur d’une très grande église. Il nous disait que « Tout s’élève ou s’écroule en fonction du leadership (1) ».

Y a-t-il un modèle biblique clair ?

Quand nous regardons tous les facteurs en jeu dans une église (à l’intérieur comme à l’extérieur), nous pouvons dire que chaque église qui dure dans le temps est une grâce de Dieu. L’apôtre Paul donne en 2 Corinthiens 6.4-10 une liste de traits que ses associés et lui ont essayé d’employer pour être « recommandables à tous égards comme serviteurs de Dieu ». Certes, les qualités du/des conducteur(s) sont essentielles au bon fonctionnement de l’église, et c’est pour cela que Paul nomme dans ce passage la patience, la pureté, la connaissance, la longanimité, la bonté, l’amour, et (l’action de) l’Esprit saint. Ces qualités seront nécessaires pour faire face aux circonstances qu’il nomme là. L’Église de Dieu est une œuvre de sa grâce, et son ou ses conducteur(s) en ont besoin aussi. Paul dans la même épître, dira être « assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises » (2 Cor. 11.28).

De combien de personnes la conduite d’une église de Dieu doit-elle être l’affaire ? C’est une question à laquelle j’ai essayé de répondre en examinant l’histoire de l’Église primitive – les Actes des Apôtres – et de l’Église missionnaire – les Épîtres. Étant moi-même issu d’une culture biblique où le modèle prépondérant est un pasteur (et parfois plus) et des diacres, j’avais certainement des choses à apprendre ! Justement, le premier chapitre des Actes présente le désir de compléter ce qui manque, en l’occurrence, la place de témoignage laissée vide par la défection de Judas. « Il faut donc que […] il y en ait un qui nous soit associé comme témoin…» (Ac. 1.21-22)
Bien sûr, il est question ici des apôtres qui viennent en premier dans la liste de ceux que Dieu a donnés pour conduire l’Église (Éph. 4.11). Leur place et leur ministère (définis dans 64 versets et dans 13 livres du Nouveau Testament) étaient importants pour le fondement de l’Église.

Combien de personnes fallait-il pour gérer les besoins de l’Église lorsque « le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur […] augmentait de plus en plus » (Ac. 5.14) ? Apparemment, il fallait plus que les apôtres en vue des « distributions » qui se faisaient chaque jour, et sept hommes ont été choisis. Ils avaient pour tâche les ministères temporels pour que les apôtres puissent s’adonner à la prière et au ministère de la parole. Cette tache de « servir aux tables » et les hommes choisis correspondaient aux diacres, qui participaient à la bénédiction d’une église fonctionnelle. Il y avait des qualifications dans Actes 6 (bon témoignage, plein d’Esprit-Saint et de sagesse, prêts à recevoir une charge), et il y en a encore pour les diacres (hommes et femmes, selon l’interprétation) dans les instructions de Paul à Timothée (1 Tim. 3.8-13).

Dès le chapitre 14 (v. 23) des Actes, et dans les églises de Jérusalem (chp. 15), d’Éphèse (chp. 20), et d’autres (voir Tite 1.5), le nom « d’ancien » est employé pour désigner le ou les conducteurs d’église. Dans l’épître à Tite (1.7), le mot « évêque » s’ajoute pour évoquer celui qui agit comme économe de Dieu. Puis Paul, dans la partie « pratique » d’Éphésiens (4.11), complète une liste de ceux donnés à l’Église en nommant les « pasteurs et docteurs ». Tous ces noms décrivent la charge, la dignité et le ministère de ceux qui dirigent l’Église, (et qui sont appelés habituellement pasteur/s), qu’ils soient une ou plusieurs personnes.

En conclusion, à la question « y a-t-il un modèle biblique clair ? », Paul indique que plusieurs églises des temps bibliques devaient avoir des conducteurs, ou un conseil d’anciens. Que l’un d’eux soit nommé pasteur semble provenir du bon sens. Quant au nombre de conducteurs, c’était peut-être en fonction des besoins et du nombre d’assistants, ou peut-être, était-ce un signe de maturité.

(1) « Leadership », mot anglais, utilisé couramment en français pour décrire la capacité de conduire des personnes et des projets.

Anticiper et préparer l’avenir de l’Église

[btnsx id="890"]

Auteur : Albert XANDRY


MESSAGE CEBI 2019

Anticiper c’est devancer, penser à l’avance, prévoir... Le titre semble suggérer que l’on connaît ce que doit être une église dans 10, 15 ou 30 ans et que l’on mette en œuvre les actions et moyens pour l’atteindre. Cela dit, on ne vit pas non plus l’église au jour le jour.

« Après moi le déluge ». Cette expression est attribuée, selon les sources, soit à Louis XV qui ne se souciait guère de ce que pourrait faire son dauphin après sa mort, ou à Madame de Pompadour. Certains font même remonter la source de l’expression plus loin encore. Quoi qu’il en soit, l’expression signifie que l’on se moque bien de ce qui pourrait arriver après soi, après son départ ou après sa mort.

Je crois pouvoir dire, sans me tromper, qu’une telle pensée n’habite pas les pasteurs ou les anciens au sujet de l’église dont ils ont la charge. En tous cas, cela n’était pas la pensée du Seigneur Jésus, si l’on en juge par sa prière en Jean 17. Il demande à son Père, dans une instante prière, de garder ses disciples et d’œuvrer à leur unité. Cela n’était pas non plus la pensée de l’apôtre Pierre ou de l’apôtre Paul qui déclarait :
« Mais j’aurai soin qu’après mon départ vous puissiez toujours vous souvenir de ces choses. » (2 Pi. 1.15)
« Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau... » (Ac. 20.29)

Tous les deux avaient le souci de ce qui se passerait après leur départ. L’avenir de l’Église les préoccupait. Je propose quelques pistes.

1. Anticiper et préparer l’avenir, c’est donner priorité à la formation et pas simplement à l’information

En Actes 20.17-38 l’apôtre Paul rencontre à Milet les anciens de l’église d’Éphèse pour s’entretenir avec eux de l’avenir de cette assemblée. Il anticipe les problèmes à venir en rappelant aux anciens ce qu’il a fait durant les trois ans qu’il a passés avec eux.

Prêcher et enseigner

Ce que Paul leur rappelle, c’est la formation qu’il leur a apportée : « Vous savez que je n’ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n’ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons, annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. » (Ac. 20.20-21)
Il dit « prêcher et enseigner ». Le premier terme transmet l’idée de « dire, annoncer, déclarer ». Le second celui de « faire assimiler » : c’est le travail de l’enseignant.
Je dis donc que Paul a anticipé les temps à venir en ne se limitant pas à prêcher, mais aussi à enseigner, à former les personnes de manière à ce qu’elles marchent d’une manière digne de l’Évangile. C’est ce qu’il a fait à Éphèse.

Lisons ce que Paul dit aux anciens d’Éphèse : « Et maintenant voici, je sais que vous ne verrez plus mon visage, vous tous au milieu desquels j’ai passé en prêchant le royaume de Dieu. C’est pourquoi je vous déclare aujourd’hui que je suis pur du sang de vous tous, car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. » (Ac. 20.27)
Il a enseigné d’une manière telle qu’il pouvait se dégager de toute responsabilité concernant leur devenir spirituel. L’enseignement qu’il a dispensé sur l’ensemble du conseil de Dieu lui permet de partir sereinement.

Public, privé, individuel

Remarquons qu’il a enseigné publiquement, dans les synagogues ou à l’école de Tyranus, mais aussi dans les maisons (il évoque d’ailleurs dans 1 Cor. 16.19 « Aquilas et Priscille », avec « l’église qui est dans leur maison »).
Mais il a aussi enseigné individuellement : « je n’ai cessé d’exhorter nuit et jour chacun de vous. » (v. 31)
L’apôtre ne s’est pas contenté des grands exposés magistraux, mais il a suivi les fidèles dans leurs maisons, et même seul à seul, pour faire pénétrer la vérité de l’Évangile, afin de les encourager.
La même pensée se trouve en Colossiens 1.28 : « c’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ ».
Paul a donc offert une formation en dispensant tout le conseil de Dieu à tous et de toutes les manières possibles.

Comment on a favorisé et favorise-t-on encore cela à Saint-Denis ?
∎ Formation adaptée aux différents âges : la crèche (0-2 ans), classe des petits (2-6 ans), moyens (6-8 ans), grands (8-11 ans), les ados, les jeunes adultes, etc.. Nous avons voulu donner de l’importance à tous les âges.
∎ Étude biblique individuelle, cours biblique (VF le lundi).
∎ Séminaires programmes de lecture en communs (Le voyage du pèlerin).
∎ Retraites de dames, d’hommes.

Comment on a favorisé cela à Saint-Denis ?
∎ Formations de moniteurs
∎ Donner l’occasion de conduire une étude
∎ Faire confiance

2. Anticiper et préparer l’avenir, c’est transmettre une vision élevée de l’Église

On parle parfois des églises en disant : « Je vais à l’église du pasteur untel ». On se comprend quand on dit cela, mais peut-être que cela transmet une vision faible de l’église.
Paul dit aux anciens d’Éphèse : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. » Ailleurs l’apôtre Pierre dit « Paissez le troupeau de Dieu » (1 Pi. 5.2).
Paul rappelle aux anciens que l’église n’est pas la leur, mais celle de Dieu : c’est apprendre à l’assemblée à voir l’église telle que l’Écriture la présente ; c’est ne pas embarquer l’église dans n’importe quel combat.

3. Anticiper et préparer l’avenir, c’est montrer soi-même l’exemple et pas simplement indiquer un exemple

« Vous savez de quelle manière, depuis le premier jour où je suis entré en Asie, je me suis sans cesse conduit avec vous. » (Ac. 20.18)
C’est sans doute le plus exigent dans le processus de formation. Nous pouvons toujours dire des choses, énoncer des principes, expliquer un texte biblique, réciter par cœur un verset, distribuer des traités… Et oublier que ce qui regarde un disciple, c’est la conduite.
1 Pierre 5.2-3 : « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. »
Si le Saint-Esprit insiste sur cette exemplarité, c’est que les brebis apprennent plus par l’exemple que par les mots. L’humilité, l’acceptation des épreuves, le contentement, le travail séculier (Ac. 20.35).
« ... mais nous avons voulu vous donner en nous-mêmes un modèle à imiter. » (2 Thess. 3.9)
En Actes 20.29 à 31, Paul avertit les anciens de l’église d’Éphèse des dangers à venir. Il ne dit pas simplement qu’il y aura des loups cruels, mais qu’ils parviendront à s’introduire dans le troupeau et qu’ils ne vont pas épargner le troupeau. Il s’élèvera du milieu même d’entre vous des faux enseignants.
L’antidote unique que Paul semble indiquer est une double vigilance « sur eux-mêmes et sur le troupeau » (v. 28) en se souvenant de son attitude durant trois ans (v. 31).

4. Anticiper et préparer l’avenir, c’est penser à déléguer autant que possible

Il y a de grands risques quand tout repose sur un seul homme. Il est nécessaire que les choses commencent avec un seul, mais il faut aussi vite que possible s’entourer et confier des tâches aux autres.
Souvenez-vous du conseil de Jethro à son gendre Moïse : « Le beau-père de Moïse lui dit : Ce que tu fais n’est pas bien. Tu t’épuiseras toi-même, et tu épuiseras ce peuple qui est avec toi ; car la chose est au-dessus de tes forces, tu ne pourras pas y suffire seul. » (Exo. 18.17-18)
C’est illusoire de croire qu’on suffira seul. Nous ne pouvons pas assurer toutes les études, toutes les classes de baptême, réparer les fuites du toit et déboucher les WC, etc..
Jéthro dit : « Tu t’épuiseras toi-même, et tu épuiseras ce peuple qui est avec toi ». Si Moïse s’écroule, le peuple s’écroulera avec lui, car tout repose sur lui. Le peuple peut aussi s’épuiser, car il sera fatigué d’attendre son tour. Le conseil de Jethro est donc de déléguer.
C’est quelque chose que nous avons essayé de faire à Saint-Denis. Dès que cela a été possible, nous avons travaillé en collège d’anciens et nous prenions les décisions ensemble. Puis, nous avons essayé d’impliquer les membres à différents niveaux. L’idée étant que tout puisse continuer à fonctionner, même si l’ancien référent est absent.
Dans l’épître aux Colossiens, on pourrait croire l’apôtre Paul esseulé dans sa cellule avec pour seule compagnie l’encre, la plume et le papyrus. Mais la lecture des derniers versets lève le voile sur les coulisses et nous permet de discerner toute une équipe à l’œuvre. Le ministère de Paul n’aurait pas été ce qu’il fut sans le travail fidèle de tous ceux et celles que le Seigneur a placés à ses côtés.
À travers les personnes citées, nous découvrons des indications utiles pour le développement, l’édification de l’Église :
∎ Thychique, Onésime (le ministère de communication)
∎ Aristarque, Marc et Justus (le ministère de consolation)
∎ Epaphras (le ministère d’intercession)
∎ Justus, dont on ne sait absolument rien sinon ce qui est écrit dans ce texte : « Il travaille avec moi pour le royaume de Dieu »
Ils ont œuvré avec Paul pour le royaume de Dieu. Ils n’ont pas œuvré contre lui, mais avec lui, en coulisse. Ils n’ont pas cherché à être au premier plan, mais à s’associer à l’œuvre de Dieu en étant un soutien pour Paul. Voilà ici ce qui doit nous motiver : le royaume de Dieu.

On raconte qu’un jour un contrat avait été signé pour ériger un grand bâtiment. Un jeune garçon se présenta pour tenter une embauche. Il était d’aspect pauvre et visiblement sans grande compétence. Alors, on lui confia un petit travail sur le chantier. Un jour un des chefs du chantier l’interpelle et lui dit : « Dis donc toi, que fais-tu ici ? Et le jeune garçon a répondu : ‘Ne savez-vous pas que je suis dans l’affaire ?’ ».
Il n’a pas convoité la place du chef de chantier, ni celle de l’ingénieur, et encore moins celle de l’architecte, mais il avait trouvé la grandeur de sa tache en considérant la grandeur du projet dans lequel il participait. Il était dans l’affaire.
Si nous considérons l’œuvre de Dieu et son royaume, nous pouvons dire, « je suis dans l’œuvre ». Que ce soit en exerçant l’hospitalité, en soutenant financièrement, par la prière, en tamponnant les traités, en faisant le taxi : « je suis dans l’œuvre ».
Certains sont aux premières loges, sous les feux de la rampe, mais ils sont efficaces dans leur ministère parce que d’autres tel un Aristarque, un Marc, un Justus ont été fidèles dans les coulisses avec pour seule ambition de travailler avec d’autres pour le royaume de Dieu.
On ne sait pas ce qu’ils ont fait, en quoi a consisté leur travail, mais on sait comment et dans quel but ils ont travaillé « avec Paul et pour le royaume de Dieu ».
Bien entendu, le Seigneur a donné des hommes qu’il a spécifiquement équipés, afin qu’ils en enseignent d’autres (les évangélistes, les pasteurs, les docteurs, etc.).
Mais les dispensateurs de cette formation ne s’arrêtent pas là. Priscille et Aquilas ont formé Apollos et il ne nous est pas dit qu’ils aient été docteurs ou pasteurs.
Certains de ceux qui se laissent solidement enseigner peuvent d’une certaine manière, à un moment ou un autre, être formateurs (classe du dimanche, culte de famille…).

5. Anticiper et préparer l’avenir, c’est favoriser la mémoire du message et non du messager

« Voilà pourquoi je prendrai soin de vous rappeler ces choses, bien que vous les sachiez et que vous soyez affermis dans la vérité présente. Et je regarde comme un devoir, aussi longtemps que je suis dans cette tente, de vous tenir en éveil par des avertissements, car je sais que je la quitterai subitement, ainsi que notre Seigneur Jésus-Christ me l’a fait connaître. Mais j’aurai soin qu’après mon départ vous puissiez toujours vous souvenir de ces choses. » (2 Pi. 1.12-15)
C’est ce que l’apôtre Pierre a eu soin de faire en préparent l’avenir, c’est de s’assurer que les croyants puissent se souvenir non de lui, mais de la parole prophétique et apostolique. Beaucoup d’hommes politiques veulent marquer leur époque et figer leur nom dans l’histoire de leur pays. Ils font beaucoup d’effort pour que leur mémoire demeure. En tant que pasteurs ou responsables d’église, nous pouvons être tentés de la sorte.
Il arrive qu’une assemblée batte de l’aile après le départ d’un pasteur, parce qu’il avait peut-être construit sur lui-même. Il y a des hommes pleins de charisme, à la personnalité attrayante, sachant jouer avec les émotions. Ce n’est pas mauvais d’avoir des atouts, mais il faut veiller que l’église ne se repose pas sur cela. Il faut agir, non pas pour qu’on se souvienne de moi, mais de Christ et du message de l’Évangile.
Il est normal qu’une assemblée s’attache à un pasteur. C’est quelque chose de naturel. Mais il faut veiller à ne pas être indispensable et savoir déléguer.

Préparer une église pour l’avenir

[btnsx id="890"]

Auteur : Steve BARNES


MESSAGE CEBI 2019

Notre Seigneur entrevoyait la croix sur laquelle il devait être suspendu et il a fait la déclaration qui est à la base de tous nos efforts : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Mt. 16.18). Concrètement, il édifie encore son Église comme il le faisait à Jérusalem : « le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Ac. 2.47b). C’est le processus que l’Esprit emploie encore aujourd’hui. Nous disions que Jésus contemplait la croix (Mt. 16.21), mais en fait il regardait au-delà du Calvaire pour fixer les yeux sur « la joie qui lui était réservée » (Héb. 12.2), « cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable » (Eph. 5.27).

La croix qui précédait Pentecôte préparait l’église pour l’avenir. L’apôtre Paul vivait ce que nous voyons et il déclarait avec assurance, parce qu’il connaissait celui dont il parlait : « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Phil. 1.6). Jésus a commencé à préparer l’avenir de l’Église avant qu’elle ne naisse. Nous aussi, nous devons voir le produit final avant de commencer. Vous n’imaginez pas que « Le Penseur » d’Auguste Rodin, représentant un homme musclé au corps torturé et qui pense tel un poète ou un philosophe, soit le produit d’une réflexion journalière, mais plutôt la matérialisation de la pensée qu’il avait dès le commencement. Nous ne devons pas imaginer une structure, mais un corps vivant, portant peut-être les stigmates d’une souffrance, mais contenant une âme libérée qui reflète « le renouvellement de l’intelligence » (Rom. 12.2).

Ma première démarche à Saint Denis, alors qu’il n’y avait encore qu’une poignée de personnes dans l’assistance, était d’imaginer ce à quoi l’église devait ressembler pour qu’elle devienne pérenne. Je ne voulais pas dupliquer ce que je connaissais, comme le Roi Achaz qui avait reproduit à Jérusalem l’autel qu’il avait vu à Damas (2 R. 16). J’ai pris pour moi cette parole du Seigneur aux disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn. 15.16). Je souligne la notion d’un « fruit qui demeure ». Comme vous le savez, il y a une petite promesse très pertinente qui suit : « afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne ».

J’ai décidé que l’église serait conduite par un conseil d’anciens (matures dans la foi et capables d’enseigner). Il n’y avait encore personne qui répondait à ces critères, même pas moi, mais malgré quelques expériences malheureuses, nous avons persévéré dans cette direction jusqu’à l’atteindre (j’en suis convaincu). Tous les anciens actuels n’étaient pas en arrivant ce qu’ils sont maintenant, mais ils étaient disposés à se laisser modeler par le forgeron qui utilise le feu, le marteau et l’enclume. J’ajouterai que leurs épouses ont eu un rôle très important dans cette transformation. Nous avions, pendant un temps, des rencontres entre couples pour discuter certaines situations de l’église ; l’apport des épouses était capital. Les épouses des anciens sont très impliquées dans l’œuvre de l’église. Après tout, si Adam avait besoin d’une épouse dans le Jardin d’Eden, il n’est pas surprenant que l’ancien ait besoin de son épouse dans l’église. J’ajoute en passant que je considère le terme « pasteur » ou « berger » comme une fonction confiée à l’un des anciens de l’église locale.

À partir du moment où l’on considère que chaque coup de ciseau par le tailleur de pierre est en vue du produit final qui existe dans l’œil de l’artiste, il est aussi vrai que dans la formation d’une église, chaque effort, chaque activité et tout programme doit être intentionné et attentionné.

∎ Le ministère parmi les enfants, qui représente une partie importante du budget de l’église, n’était pas pour occuper les enfants pendant qu’on travaillait avec les adultes. Mon épouse insistait sur une qualité de programme qui a été un moyen d’attirer de jeunes familles. La promotion de la crèche entrait dans ce qui était appelé « le culte des petits », et c’est bien ce que c’était. Les classes des moyens et des grands permettaient d’enseigner aux enfants ce que les parents apprenaient eux-mêmes. Les classes devenaient un lieu de formation à l’enseignement. Les adolescents qui désiraient devenir des assistants dans ces classes devaient soumettre une lettre de motivation. Éventuellement un conseil pour le ministère parmi les enfants assumait la responsabilité de l’enseignement, le choix du curriculum, la formation et la gestion du matériel.

∎ Le ministère de la musique était le produit d’un effort voulu. Les familles étaient encouragées à inscrire leurs enfants au conservatoire de leur commune. Outre la discipline qu’exige l’étude de la musique, il se faisait une formation qui permettait d’enrichir l’expression musicale dans l’église. Mais plus que cela, nous ouvrions des opportunités de services dans l’église. La musique doit être un ministère spirituel dans l’église, ce qui requiert que ceux qui jouent aient reçu le Seigneur et qu’ils aient un bon témoignage à la maison et à l’église. Ce même principe était appliqué à ceux qui avaient d’autres talents que la musique, quel que soit leur âge.

∎ Que « nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres » (Rom. 2.5) est un fait. Il est donc obligatoire que les membres découvrent leur fonction dans le corps qu’est l’église locale, en tant que représentante du Corps de Christ. Il y a une intention encore plus importante pour cela, car en multipliant les personnes formées pour diverses responsabilités dans l’église, personne ne devient indispensable. Une église croissante est aussi une pépinière qui forme des personnes pour servir dans d’autres églises. Et, lorsqu’il y aura un projet d’essaimage, ces personnes pourront servir dans le nouveau lieu. Reconnaître les talents de chacun et utiliser les dons spirituels est le défi de l’église croissante, encore faut-il les utiliser.

∎ Je suis convaincu qu’il est important qu’une église soit propriétaire de ses locaux. Payer un loyer et soutenir un pasteur est une lourde charge financière pour une église. Le projet d’un bâtiment doit être dans les esprits des membres très tôt ; il ne faut pas attendre que le besoin soit critique.
Je dirai en conclusion qu’il y a quelques principes fondamentaux qui doivent être respectés dans l’église en vue d’une préparation de l’avenir.
1) N’oublie pas que tu devras travailler demain avec ceux que tu as formés aujourd’hui.
2) Donne de l’importance aux plus faibles, afin de n’oublier personne.
3) Confie des tâches plus importantes à ceux qui ont été fidèles avec les moindres.
4) Donne préférence au don spirituel plutôt qu’au talent naturel.
5) Les membres du conseil des anciens doivent rester solidaires et loyaux.
6) N’évalue personne selon son statut dans la société, mais selon la profondeur de sa relation avec le Seigneur.
7) Ne néglige pas d’investir en chacun.
8) Un peu d’humilité rapporte de grands dividendes.

« C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous; nous demandons que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. » (Col. 1.9-11)

Servir Christ, l’église ou moi ?

[btnsx id="890"]

Auteur : Baptiste PASSAL


La vie quotidienne du chrétien ressemble souvent à celle d’un funambule marchant précautionneusement sur la corde raide : légèreté spirituelle et légalisme, amour et vérité, rigueur et indulgence longent cette corde. Pour conserver un équilibre constant, le chrétien devra bien prendre garde à ne pas négliger l’un au profit de l’autre… Ce ne sont là que des exemples, comme chacun peut en tirer de sa marche avec Dieu, et qui concernent aussi les pasteurs, évidemment.

Derrière le titre de cet article se trouve en fait un autre domaine dans lequel tout frère engagé dans le ministère pastoral court le risque d’une dangereuse perte d’équilibre. Servir Christ, l’église ou moi ? Une question qui, de prime abord, semble certainement étrange. Devrait-elle même être posée ? Il nous faut pourtant bien reconnaître que notre réponse à cette question n’est – honnêtement – pas toujours celle qu’il faudrait.

Voici quelques pensées destinées à éclairer les recoins sombres de nos cœurs tortueux… Que dans sa grâce, le Bon Berger veuille nous secourir et empêcher celui qui nous pousse de nous faire tomber (Ps. 118.13).

1ère pensée : l’église…

Le pasteur est souvent très sollicité et on attend beaucoup de lui. Il doit être disponible, dynamique, toujours motivé. On doit le savoir bien occupé, en train de faire des visites, assistant à des réunions ou préparant études bibliques et prédications. D’ailleurs ses prédications doivent mêler force et douceur. On aime être ému en l’entendant prêcher et on mesurera son succès au nombre d’auditeurs et à la force des émotions ressenties. Bref, le pasteur doit veiller à plaire, aux chrétiens d’abord, aux non-croyants ensuite.

Cette formulation est gênante, n’est-ce pas ? Mais elle traduit le risque encouru dans le ministère pastoral. La nécessité de susciter l’adhésion, et la recherche légitime d’unité, de paix et de croissance au sein de l’église peuvent devenir un objectif malsain qui aura pour effet de détourner le serviteur de Dieu du véritable but qu’il est censé poursuivre : être en communion avec le Souverain Pasteur et recevoir de Lui les instructions pour savoir où faire paître le troupeau dont il a la charge.

Souvent tourmenté par ce que je croyais être des impératifs, j’ai lutté pour maintenir en bonne santé cette partie publique et très visible de la tâche pastorale. Cela s’est fait au détriment de la partie privée du ministère, ce domaine que j’ai choisi de faire passer loin derrière les exigences de la sphère publique. J’apprends que là aussi, le Seigneur veut nettoyer et ordonner l’intérieur, afin que l’extérieur porte la marque de sa présence et de sa direction. Nous savons tous que les nombreuses exigences liées au ministère doivent être satisfaites dans une certaine mesure. Mais en les prenant pour mesure de notre succès et de notre obéissance à Christ, nous faisons fausse route.

2ème pensée : moi

Si je suis aussi sensible à la partie publique de mon ministère, la faute n’en revient pas exclusivement aux attentes que l’on a de moi. C’est premièrement MOI qui en suis la cause. N’est-ce pas parce que je crains que l’on me fasse des reproches que j’apporte autant de soin à ce qui est visible ? C’est mon désir d’être approuvé par ma communauté qui me pousse à travailler de manière ostentatoire. Mais qui viendra me demander le temps que j’ai passé à prier secrètement pour l’église, pour ma famille et pour moi-même ? Pas grand monde, pour ne pas dire personne. En revanche, je sentirai nettement la contrariété de celui à qui je n’accorderai pas un rendez-vous sur ce créneau qui lui convient pourtant si bien, créneau que j’ai réservé pour une entrevue avec le Seigneur Jésus-Christ.

Reconnaissons cette lutte : d’une part il est difficile de dire non, mais nous détestons aussi l’idée que notre réputation puisse être entachée. Mais qui suis-je alors en train de servir ? Christ, ou moi ? Mon désir d’avoir un emploi du temps bien rempli, et de ne négliger aucun des aspects du ministère pastoral peut cacher l’idole de mon ego. Je ne m’occupe pas du troupeau de manière désintéressée, mais pour un gain sordide : certes, mon compte en banque n’est pas enrichi de la sorte ; en revanche ma petite personne sera gratifiée d’une réputation de bon pasteur travailleur et zélé aussi retentissante que les trompettes de ceux qui font l’aumône dans Matthieu 6.2-4. C’est du moins ce que j’imagine…

Cette idole que cachent nos cœurs peut aussi être fortifiée par l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, ou par l’image que les autres ont de nous. Le ministère pastoral est auréolé d’un certain prestige, et la parole (ou la prière) du serviteur de Dieu est assez naturellement reçue comme faisant autorité. Il n’en faut pas plus pour flatter discrètement nos instincts charnels et nous affranchir subtilement du Maître que nous voulons servir.

3ème pensée : Christ

J’apprécie particulièrement la compagnie de certains frères : je sais qu’ils marchent dans une étroite communion avec le Seigneur, et qu’ils dépendent profondément de lui. Comment puis-je le savoir puisque, paradoxalement, ce sont précisément ceux qui ne s’étendent pas sur leur piété et leurs exploits dans le ministère ? Il me semble que la présence du Seigneur Jésus est palpable dans leurs vies. Elle est d’autant plus concrète qu’ils ne parlent pas d’eux-mêmes, mais de ce que Dieu a fait. Ils me font penser, dans une certaine mesure, à l’apôtre Paul qui disait : « Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ » (Gal. 1.10).

Il s’agit de ceux qui, au milieu d’une société qui cherche à accaparer nos esprits par d’innombrables sollicitations, attachent la plus grande importance à la partie invisible, privée, intime de leur vie spirituelle. Le ministère pastoral a ceci de commun avec notre société qu’il attire notre attention sur de nombreux besoins. Ceux-ci sont souvent en rapport direct avec la Bible, d’où notre propension à y accorder notre intérêt et notre énergie. Pourtant, aussi louable que cela puisse être, rien ne remplacera jamais un cœur soumis au Seigneur Jésus-Christ, pétri par le temps passé avec lui. Tout en passant des heures à étudier la Bible, nous pouvons davantage ressembler à Marthe qu’à Marie, ne cherchant dans la Parole que ce qui est destiné au service, et non ce que le Seigneur lui-même veut nous dire. J’ai besoin d’entendre sa voix et Il veut entendre la mienne…

« Dis-moi, ô toi que mon cœur aime, où tu fais paître tes brebis… ? » (Cant. 1.7)
« Fais-moi voir ta figure, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ta figure est agréable » (Cant. 2.14)
« Parle, car ton serviteur écoute » (1 Sam. 3.10)
« Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée » (Lc. 10.42)

La reconnaissance

LA RECONNAISSANCE

[btnsx id="890"]

Auteur : Emmanuel FISCHER


Col. 2.7 : « étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d’après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces. »
Col. 3.15 : « Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants. »

Nous voici à l’aube d’une nouvelle année. 2017 vient de s’envoler avec ses joies, ses pleurs et peut-être parfois ses découragements. Mais tout cela ne freine pas notre élan pour le Seigneur. Nous voulons relever nos manches et nous plonger à nouveau corps et âme dans nos ministères respectifs.

Pourtant, il serait bien de s’asseoir quelques instants, tout simplement pour faire un effort de mémoire. Regardons en arrière, et contemplons le plan et l’œuvre de Dieu dans nos vies. Oui, être reconnaissant demande une énergie particulière. Il faut prendre le temps d’analyser, voire de disséquer toutes ces bénédictions divines dont nous fumes les heureux bénéficiaires.

1) Pourquoi être reconnaissant ?

Que ce soit au travers de l’exemple des psalmistes, de l’apôtre Paul, voire de Jésus lui-même, la Bible nous appelle à être reconnaissants. C’est un des devoirs fondamentaux du chrétien. C’est même un impératif, puisque Dieu nous demande d’abonder en actions de grâce (Col. 2.7).
Le chrétien a ses « obligations » à l’encontre de son Dieu. Si ce dernier nous a tout donné, il est évident que nous voulons le remercier pour ses bienfaits. Sans reconnaissance, le chrétien s’aigrit. Mais celui qui sait reconnaître l’action du Seigneur dans sa vie, celui-là se réjouit.

Il n’est pas facile d’être reconnaissant. Nous l’avons dit, c’est un effort. Pour cela, il faut prendre conscience de ce que Dieu fait pour nous. « Toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation. » (Jq. 1.17). Le Seigneur m’offre ce qui a de meilleur ! Le chrétien est donc tout simplement comblé en Christ.
Il s’agit également de n’oublier aucun des bienfaits de Dieu, comme nous le rappelle David : « Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits ! » (Ps. 103.2). C’est prendre le temps de contempler tous les détails des bénédictions passées. Nous disons « merci » souvent très vite, simplement comme une formule de politesse. Dieu désire des actions de grâce authentiques, qui viennent d’un cœur sincère, une âme qui a su examiner une à une ces bénédictions divines.
Comme notre corps a besoin de vitamines, notre âme à besoin des vitamines que confère la reconnaissance. Dire merci à Dieu rend tout simplement heureux.

2) Quelques sujets de reconnaissance

Bientôt nous passerons l’éternité à louer notre Dieu. Pourquoi ne pas commencer à s’échauffer ici bas ? Car des sujets de reconnaissance, il y en a beaucoup ... pour celui qui cherche bien.
Soyons reconnaissants pour la grâce de Dieu. Celui qui autrefois était condamné à mort à cause de ses péchés profite aujourd’hui du pardon de Dieu. Que cette croix salvatrice remplisse notre cœur d’un grand « merci » !
Remercions également le Seigneur pour les familles qu’il nous a données. D’abord pour notre épouse et nos enfants, voire nos petits-enfants. Mais aussi pour cette belle famille spirituelle qu’est l’Église, les chrétiens et leur foi (Rom. 1.8).
Disons aussi merci pour les soins physiques et spirituels, pour le soutien divin dans les combats du quotidien. Réalisons également que nos frigos n’ont jamais manqué de nourriture, ni nos armoires de vêtements. Le Seigneur a promis qu’il prendrait soin de nous, et il agit chaque jour (Mt. 6.25-27).

Remercions également Jésus-Christ pour son assistance dans notre vie chrétienne. Combien de choix difficiles et de sagesse avons-nous réclamés au Tout-Puissant ? Combien de fois le Seigneur a renouvelé nos forces et offert son pardon ?
Et puis, levons nos mains pour adorer notre Dieu lorsqu’il répond à nos prières. Jésus rendit grâce à son Père lorsqu’il l’exauça en ressuscitant Lazare (Jn. 11.41). Qui sommes-nous pour ne pas agir de même ? Mais il faut savoir remercier Dieu pour ses exaucements, comme pour ses refus ... ou ses longs silences !
Il existe tant de sujets de reconnaissance. À nous de les dénicher et de les présenter à Dieu.

3) Les effets de la reconnaissance

Oui, vivre reconnaissant a un impact positif sur la vie du chrétien. Autrefois, David dansait devant l’arche de l’alliance à son retour à Jérusalem (1 Chro. 15.29). Sa reconnaissance était visible. Certes, nous ne danserons pas forcément, mais notre attitude au quotidien en dira long sur notre reconnaissance.
Cette vie reconnaissante devait être contagieuse et conduire les autres à remercier Dieu. C’est aussi une manière d’évangéliser !

Un autre effet de la reconnaissance conduit le chrétien à glorifier son Dieu. Comme le dit le psalmiste : « Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie. » (Ps. 50.23a). Savoir dire « merci » met en évidence la personne de Dieu, ses attributs, son amour, sa puissance et sa justice. C’est élever Dieu à sa juste position ; ainsi, la reconnaissance se transforme en adoration.

Rappelons que le manque de reconnaissance est un motif de condamnation (Rom. 1.21). L’incrédule imagine que tout vient de lui et par lui, du moins jusqu’à ce qu’il rencontrera son Créateur ! Le monde refuse de reconnaître les bienfaits de Dieu et ce manque de reconnaissance conduit toutes ces âmes vers les ténèbres. C’est pourquoi, pour se démarquer du monde, le chrétien se doit de vivre reconnaissant. Autrement, il serait injuste à l’égard de son Sauveur. La reconnaissance glorifie Dieu, mais remplit aussi de joie celui qui sait remercier.

Pour finir

Saviez-vous que la reconnaissance est bonne pour la santé ? Effectivement, elle permet de vivre dans la vérité : celle qui nous rappelle que tout vient de Dieu. Elle permet aussi de vivre dans l’obéissance du Seigneur qui ne produit que de la joie dans le cœur. Et enfin, l’action de grâce élève surtout le Créateur tout en humiliant l’homme. Il retrouve ainsi sa place et cela le rend d’autant plus heureux.
Aussi, réalisons qu’il est préférable d’être reconnaissant pour notre bien-être, mais aussi pour glorifier quotidiennement notre Dieu.

Atteindre et accompagner les jeunes au salut

ATTEINDRE ET ACCOMPAGNER LES JEUNES AU SALUT

[btnsx id="890"]

Auteur : Baptiste PASSAL


MESSAGE CEBI 2017

Je ne prends la parole ce matin que pour apporter le témoignage d’une expérience vécue avec mon épouse, en tant que responsables du groupe de jeunes de cette église, il y a quelques années. Comme tout témoignage, il n’est pas normatif, et je me garderai bien d’en faire une leçon de doctrine, car il contient une part de subjectivité, parce qu’il s’agissait des circonstances particulières que nous connaissions à ce moment-là. Mais il y a aussi, dans le récit de cette expérience, des éléments que quelques-uns, peut-être, pourront trouver utiles ou encourageants.

Le groupe de jeunes dont nous avions la responsabilité se réunissait tous les quinze jours, le samedi soir, pour un moment de jeux, une leçon biblique et une petite collation. Il y avait là entre dix et quinze jeunes lycéens issus pour la plupart de familles chrétiennes, mais pour autant, leur situation spirituelle à eux n’était pas claire. Pour moi, c’était une grande découverte :
— D’une part, je devais transmettre des connaissances bibliques, enseigner la parole de Dieu, ce qui était très nouveau pour moi ;
— D’autre part, je me suis confronté à la jeunesse (je n’aime pas parler d’adolescence), à cette période de la vie qui est tellement délicate, qui est toute faite de transitions qui se font parfois en douceur, et parfois brusquement, et qui n’est pas évidente à appréhender.

S’occuper de jeunes a donc été une expérience profonde pour moi, avec ses difficultés, mais très stimulante, parce que je commençais à en discerner les enjeux, les efforts à fournir, les joies aussi. Et il y avait quelque chose de très encourageant, de très plaisant pour moi et que j’ai découvert : parler de Dieu, étudier la Bible et transmettre à d’autres ce que le Seigneur m’y a appris.

C’est comme ça que j’ai commencé à apprivoiser ce service que le Seigneur a bien voulu nous confier, et à faire connaissance avec les jeunes, à cerner leur personnalité, leurs centres d’intérêt et surtout leurs besoins… J’ai essayé aussi de me rappeler ce que j’avais vécu à cette période de ma vie, mais ce n’était pas évident de le transposer dans un cadre biblique. En tout cas, avec mon épouse, nous avions à cœur ce groupe de jeunes que le Seigneur nous confiait. On voyait leurs luttes, les combats qu’ils devaient mener, de grands tiraillements, et combien il pouvait être difficile pour eux de vivre ce double contexte :
— Chrétien à la maison et à l’église ;
— Mondain au lycée et avec les copains.
Cela donnait un mélange pas évident, parce que le groupe de jeunes, c’est un peu un mélange de ces deux contextes :
— On est dans un cadre chrétien, organisé sous la tutelle de l’église ; c’est un cadre qui a son propre fonctionnement et qui, normalement, ne devrait pas fonctionner selon les principes du monde ;
— Mais on est aussi avec des copains, ou des jeunes de notre âge, des personnes du sexe opposé, que l’on fréquente généralement dans un tout autre cadre que celui de l’église.
Donc il y avait comme quelque chose de coincé dans leurs relations au sein de ce groupe de jeunes.

Pendant plusieurs mois, nous avons simplement continué ces groupes de jeunes, tel qu’ils avaient commencé : un moment de jeux, une étude biblique, une collation. Il y avait de plus en plus d’échanges entre les jeunes, et c’était encourageant. Mais il était difficile de dire ce qui se passait à l’intérieur, dans le cœur de ces jeunes, parce que rien de vraiment significatif ne se passait.

Parallèlement à cela, j’ai commencé à ressentir une certaine gêne : il y avait quelque chose qui me semblait empêcher la croissance spirituelle du groupe. C’était comme si des graines avaient germé, mais qu’elles n’avaient pas assez de lumière pour grandir et pousser des racines.

Ce n’était pas évident de discerner ce qui se passait, parce que nous commencions malgré tout à voir quelques germes pousser, mais certains jeunes semblaient vraiment venir à contrecœur à ces réunions, pas pour les bonnes raisons (même s’ils écoutaient très gentiment ce que nous leur annoncions), et nous nous demandions s’il fallait simplement s’armer de patience, ou si quelque chose devait être changé. Quand une plante n’est pas suffisamment exposée au soleil, il faut, dans la mesure du possible, changer son exposition.

Or, j’avais le sentiment que l’organisation des réunions, et notamment le temps de jeux que nous faisions à chaque fois, au lieu de favoriser l’entente était un frein au développement spirituel qui encourageait à la légèreté spirituelle. Parce que d’un côté, nous leur annoncions l’Évangile, nous leur parlions de consécration à Dieu, de ne pas vivre comme le monde. Et d’un autre côté, nous leur offrions un contre-exemple de consécration, en laissant subsister une certaine forme de mondanité au sein de ces rencontres, notamment par les jeux.

Je dis « une forme de mondanité », parce que poser ce jugement sur toute forme de jeux dans les rencontres de jeunesse ne serait pas juste, tant il faut « se faire tout à tous », selon ce que dit l’apôtre Paul, c’est-à-dire s’adapter à ceux à qui nous annonçons l’Évangile. Et certaines personnes, notamment les plus jeunes, ont besoin de temps récréatifs : on ne peut pas tenir une étude biblique de 45 minutes à l’école du dimanche ! Mais pour des lycéens qui approchent de la majorité et qui ont soif d’être considérés comme des adultes, c’est autre chose.

Et je me demandais ce qui allait se passer le jour où ces jeunes deviendraient trop âgés pour participer à des rencontres de jeunesse, où il n’y a pas de jeux ni de distraction, où l’on n’offre « que » la parole de Dieu et — éventuellement — une collation que l’on appelle « moment de communion fraternelle ».

Donc nous avons connu un tiraillement, nous aussi, à ce sujet. Est-ce qu’il fallait supprimer carrément le moment de jeux ou pas ? Quelque part, nous avions aussi la crainte que certains jeunes quittent le groupe, par mécontentement, si nous supprimions tout à fait le moment de jeux. Mais j’avais le sentiment, assez diffus, mais persistant, que Dieu n’était pas glorifié par ces rencontres. C’est en entendant une prédication sur la présence de Dieu que le Seigneur m’a secouru : le prédicateur a rappelé la séparation qui existe, non seulement entre ce qui est saint et ce qui est péché — cela, c’est une distinction que nous n’avons pas tellement de mal à faire — mais il a aussi rappelé, à partir d’Ézéchiel 42, le mur de séparation qui existe entre le saint et le profane et qui montre là où Dieu se trouve et là où il ne se trouve pas :
— Le saint, c’est évidemment la présence de Dieu ;
— Et le profane, c’est ce qui n’est pas péché à proprement parler, mais qui ne vient pas de Dieu et qui ne lui est pas consacré. Et ça, c’est peut-être moins évident à déceler.
Et en entendant cette prédication, je crois que j’ai compris que le Seigneur nous appelait à consacrer entièrement les réunions de jeunes à la Parole de Dieu, pour que les jeunes puissent s’attacher à Dieu sans distraction. Et c’est ce que nous avons fait, non sans en parler d’abord à notre pasteur qui a donné son assentiment.

J’étais vraiment heureux que le Seigneur ait donné aussi clairement sa direction, parce que pour moi, c’était très clair. Et je crois que nous l’avons annoncé aux jeunes à la réunion suivante, en expliquant pourquoi, et en apportant aussi l’enseignement que le Seigneur nous avait donné à ce moment-là. Les réactions étaient assez mitigées sur le coup.

Mais assez rapidement, le retour de manivelle s’est fait sentir, de la part de quelques jeunes, en particulier ceux dont on sentait qu’ils ne venaient pas du tout pour entendre la parole de Dieu. Il y a eu de l’opposition, même de la part de quelques parents qui estimaient que l’on ne peut pas être attractif dans notre annonce de l’Évangile si l’on n’offre pas autre chose en même temps.

Dans ces cas-là, comme souvent lorsqu’on prend position pour la gloire de Dieu, on reçoit des coups et ça fait mal. Cela a été le cas pour nous : nous avons reçu des coups. Mais je dois dire que le Seigneur avait éclairé la route avec tellement de clarté que nous n’avons pas été tentés de faire marche arrière.

Le plus douloureux, dans tout cela, a été de voir certains jeunes quitter le groupe pour ne plus du tout y revenir. C’est une blessure encore vive, et je ne doute pas que tout pasteur soit à un moment ou à un autre confronté à ce dilemme.
Mais ce qui est extraordinaire et vraiment encourageant, c’est qu’à partir de ce moment où la séparation entre le saint et le profane a été faite, plusieurs de ceux qui sont restés (et qui étaient en plus grand nombre que ceux qui sont partis) ont vécu un véritable bond spirituel. Dieu a agi avec puissance au sein du groupe et nous avons été témoins de leur engagement pour le Seigneur, les uns à la suite des autres. Et Dieu a encore ajouté d’autres jeunes à ce groupe.
Dieu a dit au prophète Jérémie : « C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel : Si tu te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te tiendras devant moi ; Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » (Jérémie 15.19).

J’éprouve beaucoup de joie à vous partager aussi ce que l’un de ces jeunes a écrit, il y a quelques mois de cela. C’est un article que quelques-uns d’entre vous ont peut-être déjà lu, puisqu’il est assez largement partagé sur Internet. Je ne vous en donnerai que le titre qui est suffisamment évocateur : « Ne nous donnez pas des pizzas, donnez-nous l’Évangile ! » C’est beau qu’un jeune ose dire cela aux responsables de l’église !

Je vous ai partagé ce témoignage d’une expérience parmi d’autres, parce que celle-ci m’a beaucoup encouragé, dans une prise de position qui n’était pas évidente. Ce n’était pas évident parce que nous avons en face de nous des gens qui ont des attentes : ils pensent que l’église devrait subvenir à tel ou tel besoin pour eux ou pour leurs enfants. Et ces besoins sont parfois légitimes. Mais il peut y avoir une certaine forme de pression quand on s’entend dire qu’on va perdre les jeunes si on ne leur donne pas ce qu’ils demandent (du pain et des jeux…). Mais j’ai pour ma part la conviction que l’Église du Seigneur a une vocation bien plus grande : celle d’annoncer l’Évangile de Jésus-Christ, qui est un pain bien plus propre à nourrir le cœur des jeunes que des pizzas.

Violence-Terrorisme-Terreur

VIOLENCE – TERRORISME – TERREUR : QUEL DOIT ÊTRE MON COMPORTEMENT ?

[btnsx id="890"]

Auteur : Samuel BOADA


INTRODUCTION

Quel devrait être mon comportement face aux violences actuelles ? En premier lieu, ne pas être surpris, ne pas être troublé. Dans les derniers enseignements de Jésus-Christ à ses apôtres, la liste concernant les signes des derniers temps est longue. Arrêtons-nous un instant sur Matthieu 24.6 : « gardez-vous d’être troublé, il faut que ces choses arrivent ». Ainsi, le trouble peut venir de :

1) Des autres : « Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. » (Galates 1.7) ;
2) De soi-même : « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. » (Jean 14.1) ;
3. D’événements voulus par Dieu : « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. » (Matthieu 24.6).

Puis, le Seigneur ajoute « [...] Il faut que ces choses arrivent [...] guerres, conflits, famines, tourments, persécutions, fausses prophéties (Mt. 24.6-11). Bien d’autres passages dans l’Ancien et le Nouveau Testament annoncent ces troubles à venir. Aussi, cela est INÉVITABLE : tout s’accomplit aux temps voulus par Dieu (Habakuk 2.3-4).


1ère partie : INGÉNIEUX AU MAL - INSENSIBLE - ZELE EXCESSIF

1. Ingénieux au mal

Nous savons que cette violence qui conduit à la méchanceté existe depuis des siècles (Genèse 6.5). Mais il faut reconnaître que durant ce dernier siècle, cela s’est amplifié, accéléré et est devenu de plus en plus cruel. Pourquoi ? Dans la lettre que l’apôtre Paul envoie à l’église de Rome, il décrit l’humanité et le comportement de l’homme. Entre autres, il dit en Romains 1.30 que les hommes sont « [...] remplis de méchanceté, plein d’envie, meurtre [...] INGÉNIEUX AU MAL ». Il semblerait que la traduction la plus fine serait  «inventeur du mal ». Je crois que cette constatation est évidente depuis des dizaines d’années. Il faut chercher le moyen pour tuer le plus grand nombre de personnes, afin qu’il y ait le plus grand nombre de victimes. Le paradoxe est qu’il existe des laboratoires qui font des recherches 24/24 heures pour guérir et sauver des gens, tandis que d’autres laboratoires clandestins font des recherches sur ce qui va tuer, meurtrir le plus grand nombre de personnes.

2. Insensibles

Un autre comportement prophétisé par Paul, poussé par le Saint-Esprit, est l’insensibilité (2 Timothée 3.1-3) : « Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles, car les hommes seront [...] blasphémateurs [...] INSENSIBLES. » Il s’agit donc de personnes qui ne ressentent ni n’éprouvent plus de réaction à l’encontre du mal, de la douleur, ou de la mort. Je crois que la surdose de nouvelles, d’informations, et de reportages par les médias peut devenir un piège pour nous qui les regardons. Qui dit insensibilité, dit peu à peu endurcissement, aveuglement, et finalement indifférence.

3. Radicalisation

Dans la Bible, Dieu nous parle de différents zèles. Nous pouvons servir le Seigneur avec un zèle sans intelligence (Romains 10.2) ou avec un zèle amer (Jacques 3.16). Il y est également parlé d’un zèle excessif (Gal. 1) et du zèle de paix concernant l’Évangile (Eph. 6.15). Arrêtons-nous sur ces deux formes de zèle, pour essayer de comprendre ce qui se déroule dans ce monde de violence, dû entre autres à une pratique de la religion sans sagesse.

On parle de RADICALISATION. Ce mot qui vient de « Racine » démontre que telle religion peut soudain devenir très exigeante dans ses fondamentaux. La personne va devenir résolue, déterminée, imperturbable devant toute autre conviction, jusqu’à dire que l’on peut tuer au nom de Dieu (Jean 16.2).

Prenons l’exemple de l’apôtre Paul qui se décrit en Galates 1.14 comme « animé d’un zèle excessif ». Cela l’a conduit à avoir (il le déclare lui-même) un zèle de persécuteur envers l’église (Philippiens 3.6), à respirer la menace, le meurtre (Actes 9.1), à devenir un blasphémateur, un persécuteur, et un homme violent (1 Timothée 1.13). Saul était intègre, entier, mais obéissait à une religion.

Certes, Dieu veut que nous soyons des « intégristes » dans le bon sens du terme, mais tout entier à Lui, sans partage (Deutéronome 30.6 ; Marc 12.30 Deutéronome 18.13), afin de le servir avec un zèle de paix, car :

1) l’Évangile est un Évangile de Paix (Éphésiens 6.15) ;
2) c’est une bonne nouvelle (Luc 2.10 ; Matthieu 9.35) ;
3) le Seigneur Jésus-Christ est le Prince de la Paix (Esaïe 9.5).


2ème partie : NOTRE COMPORTEMENT

D’abord devant la description que Dieu fait de nous, le Seigneur établit que nous sommes des incapables et des incompétents. Donc...

1) Il faut faire appel au Seigneur

Sans Christ, ni moi ni vous ne pouvons rien faire (Jean 15.4). Je vous rappelle que c’est le passage du cep, du vigneron, et des fruits.

2) Il faut vivre selon l’Esprit

Sans l’Esprit de Dieu en nous (Galates 5.20), nous ne pourrions que produire des fruits de la chair, de l’animosité, des disputes, des divisions, des l’envies, et des querelles : tout cela conduira nécessairement au conflit.

Par contre si nous sommes conduits par l’Esprit (v. 18), si nous marchons selon l’Esprit (v. 16), et si nous vivons selon l’Esprit (v. 25), nous ne pouvons que produire de l’amour, de la joie, de la paix, de la bonté, de la douceur et de la maîtrise de soi (v. 22)

3) Il faut combattre avec des armes spirituelles

Selon les Écritures, il nous faut combattre avec les armes spirituelles, et non avec des armes charnelles ou terrestres (2 Corinthiens 10.4 ; Éphésiens 6.13 à 17). Ces armes viennent de l’armurerie du ciel et non d’une armurerie terrestre. C’est alors que nous pourrons avoir le comportement voulu de Dieu .

Romains 12 nous rappelle d’être :

+ Attaché au bien (v. 9) ;
+ Patient dans l’affliction (v. 12) ;
+ De bénir ceux qui me persécutent (v. 14) ;
+ De ne pas maudire (v. 14) ;
+ De ne pas rendre le mal par le mal (v. 17) ;
+ De rechercher ce qui est bien devant tous les hommes (v. 17) ;
+ D’être en paix avec tous les hommes (v. 18) ;
+ De donner à manger à son ennemi (v. 20)  ;
+ De donner à boire à son ennemi (v. 20)
+ De ne pas se laisser vaincre par le mal, mais de le surmonter par le bien et surtout, de ce souvenir de ne pas nous venger nous-mêmes, car la vengeance APPARTIENT à DIEU (v. 19).

Je pense à un dernier récit établi par Dieu. Pierre, le réactionnaire par excellence, celui qui s’emportait facilement, fut poussé par l’Esprit de Dieu à se souvenir du comportement de Jésus-Christ qu’il a accompagné pendant trois ans. Ainsi, il déclare en 1 Pierre 2.18-24 que :

+ C’est une grâce de supporter des afflictions (v. 19) ;
+ Qu’il faut supporter la souffrance quand on a fait le bien (v. 20) ;
+ Que nous devons prendre l’exemple sur Christ (v. 21) ;
+ Qu’il n’y ait pas de fraude dans notre bouche (v. 22) ;
+ Que nous ne disions pas d’injure (v. 23) ;
+ Que nous n’employions pas de maltraitance (v. 23) ;
+ Que nous ne faisions point de menace (v. 23).

N’oublions pas que le monde est sous l’emprise du diable (1 Jean 5) et que le Seigneur nous a « arrachés » de ce siècle présent (Galates 1.4) pour nous placer dans le royaume de la lumière (Actes 26.18).

« Afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés. » (Actes 26.18)

Lefevre d’Etaples

LEFEVRE D’ETAPLES

[btnsx id="890"]

Auteur : Mark NELSEN


Le 31 octobre 1517, le jeune prêtre Martin Luther a affiché ses fameuses 95 thèses sur la porte de l’église de Wittenberg. Avec ce simple geste, Luther a déclenché un mouvement qui ne toucha pas uniquement l’Église catholique, mais également le monde entier.

Si tout le monde connaît cet événement historique, le contenu de ses écrits reste moins connu. La plupart des chrétiens pensent que Luther a défendu le principe de la justification par la foi seule. En réalité Luther a centré ses écrits sur les abus de la vente des indulgences. Un fait plus méconnu encore : Luther a été largement influencé par un français lorsqu’il a commencé à élaborer ses enseignements sur la doctrine de la justification par la foi.

En 1512, un intellectuel français écrit : « C’est Dieu seul qui par sa grâce, par la foi, justifie pour la vie éternelle. » Cinq ans avant Martin Luther et ses 95 thèses, Jacques Lefevre d’Etaples (sur mer) lui préparait le chemin qui allait bouleverser le monde.

Lefevre d’Etaples, né en 1455, est issu d’une famille modeste, mais a su manifester sa grande intelligence à Paris, où il a obtenu le grade de maître ès arts. Comme beaucoup d’autres humanistes de son époque, Jacques Lefevre a été dirigé par sa soif de connaissance.

Au début du 16eme siècle, ses intérêts se sont tournés vers les écritures. En 1509, il publia un commentaire sur les Psaumes où la Bible était décrite comme « déclarations sacrées de la bouche de Dieu ».

En même temps que Jacques Lefevre publie son commentaire, il fut accueilli dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par Guillaume Briçonnet. Dans cette abbaye, Lefevre d’Etaples continua ses études des Saintes Écritures. C’est au cœur de cet édifice qu’il développa les idées clés de la réforme.

Le professeur J.-D. Benoit a dit : « En 1512 déjà, cinq ans avant les thèses de Wittenberg, Lefevre d’Etaples avait publié son ‘Commentaire sur les Épîtres de Paul’, un livre qu’on peut déjà appeler protestant, le premier livre protestant. De fait on y trouve affirmé avec une netteté qui ne laisse rien à désirer, les deux grands principes qui seront les principes fondamentaux de la Réforme : l’autorité souveraine des Écritures et la justification par la foi.»

La grande question reste tout de même : Luther connaissait-il les écrits de Jacques Lefevre d’Etaples ? Henri Strohl, doyen de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, nous éclaire sur le sujet Luther avec son commentaire du livre de Romains : « Luther cite les Pères, saint Augustin, saint Jean Chrysostome ; Nicole de Lyre est abondamment consulté, mais ce sont surtout les commentaires contemporains, ceux d’Erasme et de Lefevre que Luther étudie et discute. »

L’historien Auguste Bailly a écrit : « Nous insistons sur ce point : la pensée de Lefevre ne doit rien au réformateur allemand qui, au contraire, lui doit beaucoup. » Et peut-être la meilleure source est l’adversaire principal de Lefevre, Noël Béda, qui a dit : « Lefevre voit avec quel bonheur il s’est montré maître de Luther. »

L’histoire indique clairement que Jacques Lefevre d’Etaples a joué un rôle vital dans la naissance de la réforme protestante. Mais quel intérêt pour les chrétiens français aujourd’hui de regarder la vie de cet homme ? D’abord, nous voyons le rôle de la Bible dans la vie de Lefevre d’Etaples. Dès 1509, il a montré un désir d’approfondir sa connaissance de la Bible. En 1523, il publia le Nouveau Testament en français. Son désir que cette partie de la Bible soit lue par le peuple l’a conduit à fuir vers Strasbourg par crainte des autorités. Jacques Lefevre a permis une découverte essentielle dans la vie de chaque chrétien : Dieu nous parle à travers sa parole, la Bible.

Deuxièmement, Jacques Lefevre d’Etaples a été un homme imparfait. Bien sûr, nous sommes tous imparfaits, comme l’indiquent les Écritures. Mais il faut prendre en considération le fait que Lefevre d’Etaples n’est jamais cité parmi les héros de la Réforme. En effet, cet homme n’a jamais quitté l’Église catholique. L’histoire nous raconte que, son manque de courage d’imposer ses convictions l’a hanté pendant ses derniers jours. Prions que Dieu nous donne le courage de vivre selon nos convictions formées par sa Parole.

Enfin, Lefevre d’Etaples nous donne de l’espérance aujourd’hui. Le début du 16eme siècle est une période catastrophique pour l’Évangile de Jésus. L’Église catholique est dirigée par un pape pervers et la France possède un roi qui est connu pour ses (au moins) sept maîtresses. Quant au peuple, le message de l’Évangile est peu prêché et l’intérêt spirituel manque grandement. Et c’est à ce moment-là que Dieu décida de frapper le cœur de Jacques Lefevre d’Etaples.

Prions que Dieu fasse pareil de nos jours.

Si, l’église me fait du bien

L’EGLISE QUI REUSSIT S’ENTOURE

[btnsx id="890"]

Auteur : David MUMFORD


Il est évident que le corps de Christ dans son ensemble ne nous apporte que du positif ; puisque c’est l’Esprit lui-même qui le constitue et qu’il est maintenu en place par Jésus-Christ.
Ce qui est bien sûr plus délicat, ce sont les individus qui composent des églises locales !
Dans certains cas, des chrétiens exacerbés par les problèmes, voire par la méchanceté des autres, lâchent tout, ou presque, et laissent de côté les assemblées. D’où le choix du titre : « Si, l’Église me fait du bien ! » en dépit du fait que certains dans des églises puissent avoir été blessés.

Cette courte épître de Jean confirme que les relations dans l’église, facilités par l’amour (terme utilisé six fois) et soutenus par la vérité (sept fois), ont un impact énorme sur le croyant. L’objectif de cette étude sera de montrer qu’il est nécessaire à chaque croyant, à chaque responsable d’église, de chercher volontairement à développer la communion fraternelle par tous les moyens possibles. Ensuite, le but est d’inciter les chrétiens dans nos assemblées respectives à saisir son importance. Cette communion n’est en aucun cas accessoire !


I. COMMENT DÉVELOPPER PRÉCISÉMENT LES RELATIONS ENTRE CHRÉTIENS D'UNE EGLISE D'APRÈS CE CHAPITRE DE 3 JEAN

A. Par un réel intérêt pour l’autre, fruit de l’amour et de la vérité venant de Dieu (3.1-2).
« L’ancien à Gaïus, que moi, j’aime dans la vérité »

Cet ancien est en toute probabilité l’apôtre Jean, bien qu’il ne soit pas nommé, mais parce que le ton de la lettre ressemble à celui de 1 et 2 Jean et que dans l’histoire de l’Église, l’épître lui a été clairement attribuée, et ce très rapidement.
Jean dit : « Aimer dans la vérité », ce qui signifie, soit qu’il l’aime sincèrement, vraiment ; soit qu’il aime Gaïus parce qu’il appartient, comme lui, à ceux qui se sont tournés vers le Seigneur. Ou peut-être faut-il comprendre les deux options comme vraies toutes les deux…

Notons le souhait sincère de Jean pour la santé de son ami ; car la prospérité de son âme, elle est déjà indéniable : « je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé ».

L’apôtre Jean a une vraie préoccupation pour Gaïus, sans arrière-pensée (pas juste pour qu’il se montre généreux, ou qu’il fasse le ménage…).

L’amour venant de Dieu ; la Vérité venant du ciel doit forcément occasionner un réel intérêt, une vraie sollicitude, envers un maximum de personnes… Peut-être pas pour tous au même degré, avec la même intensité (car on voit bien qu’il y a un lien fort entre Gaïus et Jean). Les affinités permettent et facilitent les amitiés (et c’est très bien), mais l’amour authentique provenant de Christ motive une réelle préoccupation de l’autre qu’il y ait ou pas des affinités humaines.

Comment, développer les relations entre chrétiens d’une église, d’après ce chapitre de 3 Jean ?

B. Par l’éloge volontaire des qualités de l’autre (3.3-6a ; 12)

C’est-à-dire par l’approbation, le fait de reconnaître, de complimenter même l’autre.

1) L’ancien est plein de joie – plus encore, il jubile ! – parce que son protégé avance si fidèlement avec le Seigneur. Gaïus progresse, il marche dans la vérité ; il se conduit comme un bon disciple de Jésus-Christ. Jean s’en réjouit fortement « je n’ai pas de plus grande joie… » ET il le dit à Gaïus ainsi qu’à nous à tous. Il le claironne à travers les âges en quelque sorte, loin de cette sorte de pudeur qui penserait « il ne faut pas être trop positif ; la personne risque de s’enorgueillir… ». Il y a un vrai désir d’encouragement de la part de Jean.

2) Ensuite, d’après les versets 5-6a, Jean approuve particulièrement le rôle et l’action de Gaïus : il agit « fidèlement » en s’occupant des frères en voyage (les missionnaires).

3) Cela nous montre l’importance de la reconnaissance des qualités de l’autre ; de la reconnaissance publique (dans certains cas) de l’action de la grâce de Dieu dans la vie de l’autre. Cela se confirme d’ailleurs plus loin, au verset 12 : « Tous, et la vérité elle-même, rendent un bon témoignage à Démétrius. » Démétrius était un frère qui marchait « droit », cela se voyait, et pourtant Jean le redit !

Nous n’avons pas le contexte pour déterminer pourquoi il est mentionné ici, juste après Diotrèphe. Toujours est-il que cet individu est encensé, recommandé par l’apôtre Jean. Nous trouvons ce même état d’esprit chez Paul, qui écrit aux Corinthiens : « je rends continuellement grâce à Dieu à votre sujet » (1 Cor. 1.4), alors que l’on sait tous les problèmes que lui occasionnaient les chrétiens de Corinthe !

Ce n’est pas toujours la norme d’être positif, de voir le bon côté des choses, de faire preuve d’un « saint optimisme »… Dans la langue française, nous disons « pas mal » pour signifier « bien » ; « pas vilain » pour dire « beau » et « pas bête » pour dire intelligent !

Mais si l’on veut renforcer les liens fraternels, il faudrait louer l’action de Dieu dans une vie, l’obéissance, les progrès, etc. Jean le fait ici, Paul le fait, pourquoi pas nous ??

Comment, développer les relations entre chrétiens d’une église, d’après ce chapitre de 3 Jean ?

C. Par la recherche de rencontres productives (3. 13-14, 15b)

« J’espère te voir bientôt » dit l’Ancien. Oui, il y a une énorme joie à pouvoir dialoguer avec d’autres frères et sœurs.

Il y a un temps pour la plume et l’encre, il y a un temps pour le clavier et l’écran, il y a un temps pour Skype, mais il y a visiblement nécessité, par moments, d’approfondir les relations par des rencontres. C’est d’ailleurs l’un des objectifs principaux de la CEBI.

« Les amis te saluent. Salue les amis, chacun en particulier. » Nous voyons ici l’importance de l’individu – le même esprit qu’on note dans la longue liste de Romains 16. Dieu a déterminé que sa Parole devait contenir non seulement de la doctrine, mais des salutations !


II. POURQUOI DÉVELOPPER ACTIVEMENT LES RELATIONS ENTRE CHRÉTIENS D'UNE EGLISE D’APRÈS CE CHAPITRE DE 3 JEAN

A. Parce que les besoins matériels et spirituels sont immenses (3.6b-8)

Évidemment, le but n’est uniquement que l’échange, la bonne entente, des relations chaleureuses : « tu feras bien de pourvoir à leur voyage d’une manière digne de Dieu ». Le but du renforcement des liens est aussi de pourvoir aux nécessités : le besoin matériel. Comme on le sait, les voyages de cette époque présentaient d’énormes risques. Les chrétiens avaient un grand besoin de finances et d’hébergement. Il fallait que Gaïus réponde présent : « d’une manière digne de Dieu », c’est-à-dire ce qui plairait à Dieu, en fonction de ses moyens.

Jean précise que les frères sont partis « sans rien recevoir des païens ». Les missionnaires ont besoin d’être secourus par les amis chrétiens, car ils ne recevront pas d’aide des non-croyants.

Parler d’amour se traduit naturellement par des œuvres de bienfaisance et du soutien matériel. Cela a d’ailleurs toujours été typique de l’Église de Christ de par le monde ; dès les premières années le témoignage était celui de croyants qui sauvaient des nouveau-nés, qui secouraient les veuves, aidaient les malades, tout en témoignant, une sorte de Sécurité Sociale qui fonctionnait bien et sans déficit…

Mais il y a bien sûr le besoin spirituel : « car c’est pour le Nom qu’ils sont partis ». Faire connaître le Nom de Jésus est la motivation suprême. Lorsque nous « accueillons de tels hommes », c’est-à-dire lorsque nous les aidons financièrement et spirituellement, nous devenons « ouvriers avec eux pour la vérité. » S’il y avait un représentant itinérant de l’AMEBI, voilà le verset qu’il pourrait mettre sur sa carte de visite ! Nous désirons motiver les personnes de nos églises à sympathiser avec les missionnaires, mais à surtout être enthousiaste pour leur mission : parler du Nom de Christ ! Présenter le message de Christ est si vital qu’il faut qu’un maximum de chrétiens s’investisse.

Pourquoi développer activement les relations entre chrétiens d’une église, d’après ce chapitre de 3 Jean ?

B. Parce qu’il y a de l’opposition au sein même de la communauté chrétienne (3.9-10)

La deuxième raison évidente dans notre texte pour chercher à amplifier la communion fraternelle autant que possible est la réalité des conflits.

L’Église peut être infestée de trouble-fêtes : en voici le champion. Diotrèphe rejetait même l’apôtre Jean ! De notre point de vue, cela paraît incroyablement « gonflé », et pourtant c’était le cas. D’après le grammairien A.T. Robinson, plutôt d’une vingtaine de diacres dans des églises diverses, s’étaient sentis personnellement visés lorsqu’un article sur Diotrèphe était apparu dans une revue chrétienne. Leur conscience n’était visiblement pas tranquille !

Mais avant de nous rappeler des p il convient d’admettre la possibilité qu’il nous soit arrivé à nous, par moments, de manifester des caractéristiques similaires ; d’avoir été un peu « diotréphiste » …

Ce Diotrèphe donc, cherche à être reconnu, à avoir la première place ; à répandre des paroles mauvaises. En bref, il raconte « n’importe quoi ». Il rejette les chrétiens de passage ; et va jusqu’à chasser de l’assemblée d’autres avec qui il n’est pas d’accord. Tout cela est bien sûr lamentable. Et Gaïus ne doit pas imiter Diotrèphe, mais Jésus. « Celui qui fait le bien » — le Vrai Bien — montre sa foi.

Si nous notons l’ensemble de la lettre, nous pouvons conclure que nous devons gérer les conflits, l’opposition, en partie en privilégiant l’amour et la vérité, pour développer de riches relations humaines en Christ.


CONCLUSION

Pour conclure, un mot également sur les chrétiens isolés. Que dire aux gens qui cherchent la communion fraternelle, mais ne peuvent l’obtenir autant qu’ils le voudraient ? Les gens qui ont l’impression que l’Église les a laissé tomber… N’oublions pas que dans quelque temps, Jean se retrouvera exilé sur l’île de Patmos ! Et là, il n’y aurait pas d’étude biblique, a priori, pas de conférence spéciale. Jérusalem et Éphèse, où Jean a longtemps exercé, étaient loin, très loin !

Mais l’apôtre écrit à Gaïus : « que la paix soit avec toi. » Car, quoi qu’il advienne, la paix du Seigneur, disponible par la grâce de Dieu, rendue possible par le sacrifice puissant de Jésus sur la croix, demeure sur vous. Garantissant que, malgré l’isolement, malgré les déceptions, les désaffectations, le Saint-Esprit demeure en nous et assure une communion intérieure et permanente, jusqu’au jour où nous serons réunis au ciel. C’est cela aussi le message de cette courte 3ème épître de Jean.