[btnsx id="890"]

Auteur : Steve BARNES


MESSAGE CEBI 2019

Notre Seigneur entrevoyait la croix sur laquelle il devait être suspendu et il a fait la déclaration qui est à la base de tous nos efforts : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Mt. 16.18). Concrètement, il édifie encore son Église comme il le faisait à Jérusalem : « le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Ac. 2.47b). C’est le processus que l’Esprit emploie encore aujourd’hui. Nous disions que Jésus contemplait la croix (Mt. 16.21), mais en fait il regardait au-delà du Calvaire pour fixer les yeux sur « la joie qui lui était réservée » (Héb. 12.2), « cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable » (Eph. 5.27).

La croix qui précédait Pentecôte préparait l’église pour l’avenir. L’apôtre Paul vivait ce que nous voyons et il déclarait avec assurance, parce qu’il connaissait celui dont il parlait : « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Phil. 1.6). Jésus a commencé à préparer l’avenir de l’Église avant qu’elle ne naisse. Nous aussi, nous devons voir le produit final avant de commencer. Vous n’imaginez pas que « Le Penseur » d’Auguste Rodin, représentant un homme musclé au corps torturé et qui pense tel un poète ou un philosophe, soit le produit d’une réflexion journalière, mais plutôt la matérialisation de la pensée qu’il avait dès le commencement. Nous ne devons pas imaginer une structure, mais un corps vivant, portant peut-être les stigmates d’une souffrance, mais contenant une âme libérée qui reflète « le renouvellement de l’intelligence » (Rom. 12.2).

Ma première démarche à Saint Denis, alors qu’il n’y avait encore qu’une poignée de personnes dans l’assistance, était d’imaginer ce à quoi l’église devait ressembler pour qu’elle devienne pérenne. Je ne voulais pas dupliquer ce que je connaissais, comme le Roi Achaz qui avait reproduit à Jérusalem l’autel qu’il avait vu à Damas (2 R. 16). J’ai pris pour moi cette parole du Seigneur aux disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn. 15.16). Je souligne la notion d’un « fruit qui demeure ». Comme vous le savez, il y a une petite promesse très pertinente qui suit : « afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne ».

J’ai décidé que l’église serait conduite par un conseil d’anciens (matures dans la foi et capables d’enseigner). Il n’y avait encore personne qui répondait à ces critères, même pas moi, mais malgré quelques expériences malheureuses, nous avons persévéré dans cette direction jusqu’à l’atteindre (j’en suis convaincu). Tous les anciens actuels n’étaient pas en arrivant ce qu’ils sont maintenant, mais ils étaient disposés à se laisser modeler par le forgeron qui utilise le feu, le marteau et l’enclume. J’ajouterai que leurs épouses ont eu un rôle très important dans cette transformation. Nous avions, pendant un temps, des rencontres entre couples pour discuter certaines situations de l’église ; l’apport des épouses était capital. Les épouses des anciens sont très impliquées dans l’œuvre de l’église. Après tout, si Adam avait besoin d’une épouse dans le Jardin d’Eden, il n’est pas surprenant que l’ancien ait besoin de son épouse dans l’église. J’ajoute en passant que je considère le terme « pasteur » ou « berger » comme une fonction confiée à l’un des anciens de l’église locale.

À partir du moment où l’on considère que chaque coup de ciseau par le tailleur de pierre est en vue du produit final qui existe dans l’œil de l’artiste, il est aussi vrai que dans la formation d’une église, chaque effort, chaque activité et tout programme doit être intentionné et attentionné.

∎ Le ministère parmi les enfants, qui représente une partie importante du budget de l’église, n’était pas pour occuper les enfants pendant qu’on travaillait avec les adultes. Mon épouse insistait sur une qualité de programme qui a été un moyen d’attirer de jeunes familles. La promotion de la crèche entrait dans ce qui était appelé « le culte des petits », et c’est bien ce que c’était. Les classes des moyens et des grands permettaient d’enseigner aux enfants ce que les parents apprenaient eux-mêmes. Les classes devenaient un lieu de formation à l’enseignement. Les adolescents qui désiraient devenir des assistants dans ces classes devaient soumettre une lettre de motivation. Éventuellement un conseil pour le ministère parmi les enfants assumait la responsabilité de l’enseignement, le choix du curriculum, la formation et la gestion du matériel.

∎ Le ministère de la musique était le produit d’un effort voulu. Les familles étaient encouragées à inscrire leurs enfants au conservatoire de leur commune. Outre la discipline qu’exige l’étude de la musique, il se faisait une formation qui permettait d’enrichir l’expression musicale dans l’église. Mais plus que cela, nous ouvrions des opportunités de services dans l’église. La musique doit être un ministère spirituel dans l’église, ce qui requiert que ceux qui jouent aient reçu le Seigneur et qu’ils aient un bon témoignage à la maison et à l’église. Ce même principe était appliqué à ceux qui avaient d’autres talents que la musique, quel que soit leur âge.

∎ Que « nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres » (Rom. 2.5) est un fait. Il est donc obligatoire que les membres découvrent leur fonction dans le corps qu’est l’église locale, en tant que représentante du Corps de Christ. Il y a une intention encore plus importante pour cela, car en multipliant les personnes formées pour diverses responsabilités dans l’église, personne ne devient indispensable. Une église croissante est aussi une pépinière qui forme des personnes pour servir dans d’autres églises. Et, lorsqu’il y aura un projet d’essaimage, ces personnes pourront servir dans le nouveau lieu. Reconnaître les talents de chacun et utiliser les dons spirituels est le défi de l’église croissante, encore faut-il les utiliser.

∎ Je suis convaincu qu’il est important qu’une église soit propriétaire de ses locaux. Payer un loyer et soutenir un pasteur est une lourde charge financière pour une église. Le projet d’un bâtiment doit être dans les esprits des membres très tôt ; il ne faut pas attendre que le besoin soit critique.
Je dirai en conclusion qu’il y a quelques principes fondamentaux qui doivent être respectés dans l’église en vue d’une préparation de l’avenir.
1) N’oublie pas que tu devras travailler demain avec ceux que tu as formés aujourd’hui.
2) Donne de l’importance aux plus faibles, afin de n’oublier personne.
3) Confie des tâches plus importantes à ceux qui ont été fidèles avec les moindres.
4) Donne préférence au don spirituel plutôt qu’au talent naturel.
5) Les membres du conseil des anciens doivent rester solidaires et loyaux.
6) N’évalue personne selon son statut dans la société, mais selon la profondeur de sa relation avec le Seigneur.
7) Ne néglige pas d’investir en chacun.
8) Un peu d’humilité rapporte de grands dividendes.

« C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous; nous demandons que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. » (Col. 1.9-11)